Un backtest est censé te dire si une stratégie fonctionne. Trop souvent, il te dit ce que tu as envie d'entendre. Voici les quatre pièges qu'on voit le plus, et une vérification simple pour chacun.
Tous les chiffres de cette page sont fictifs et servent uniquement d'illustration.
1. Pas de frais, pas de funding, pas de slippage
Un backtest qui ignore les coûts trade dans un monde qui n'existe pas. Sur un vrai marché, tu paies :
- Les frais, à chaque entrée et chaque sortie.
- Le funding sur les contrats perpétuels, toutes les quelques heures, tant que la position est ouverte.
- Le slippage et le spread : le prix obtenu est rarement celui du graphique, surtout sur les stops et quand le marché va vite.
Les petits edges sont les plus fragiles. Imagine une stratégie qui gagne en moyenne +0,30R par trade avant coûts. Si les coûts mangent 0,25R par trade, il reste +0,05R : presque aucune marge d'erreur.
Vérification : relance le même backtest avec des frais réalistes, le funding et un slippage pessimiste. Si le résultat s'inverse, tu n'avais pas d'edge.
2. Trop peu de trades
Vingt trades ne permettent pas de distinguer la chance d'un edge. Quelques gros gagnants suffisent à rendre n'importe quelle règle brillante sur un petit échantillon.
Il n'y a pas de chiffre magique, mais les ordres de grandeur aident : 20 trades, ça peut être de la chance ; 100 trades, c'est un premier indice ; plusieurs centaines de trades sur différentes phases de marché (tendance, range, périodes calmes et agitées), c'est une base de travail.
Vérification : découpe tes résultats par période et par type de marché. Si tout le gain vient d'un seul mois ou d'une seule hausse, tu regardes une histoire, pas une stratégie.
3. Le surajustement
On surajuste quand on règle les paramètres jusqu'à ce que le passé paraisse parfait. La stratégie finit par apprendre l'historique par cœur au lieu de capter quelque chose qui se répète.
Le symptôme classique, c'est la fragilité. Ton meilleur réglage est une période de 20 bougies ; à 18 ou à 22, le résultat devient une perte. L'edge, c'était le réglage. Une stratégie robuste se dégrade doucement quand on bouge un peu un paramètre.
Vérification : bouge chaque paramètre d'environ 10 % dans les deux sens. Puis teste sur une période mise de côté et jamais regardée pendant la conception (hors échantillon), ou fais avancer le test dans le temps (walk-forward).
4. Le biais d'anticipation
Le biais d'anticipation, c'est quand le backtest utilise une information que tu n'aurais pas pu avoir au moment du trade. Le cas le plus courant : une règle basée sur la clôture d'une bougie, mais une entrée simulée à l'ouverture de cette même bougie. Si le signal n'est connu qu'à 15 h, l'entrée réelle la plus tôt possible, c'est 15 h.
Autres formes : utiliser des données corrigées après coup, ou ne tester que des actifs qui existent encore aujourd'hui (biais du survivant).
Vérification : pour chaque règle, note le moment exact où son information devient disponible. Aucun ordre ne doit partir avant.
La checklist en 4 points
- Coûts inclus : frais, funding, slippage.
- Assez de trades, sur plusieurs phases de marché.
- Stable quand on bouge les paramètres, et confirmé sur des données jamais vues.
- Aucune information venue du futur.
Une stratégie qui passe les quatre n'est pas garantie de gagner. C'est simplement une stratégie à laquelle tu peux commencer à faire confiance.
L'approche de Sunia
Le principe de Sunia, c'est « prouvé, ou rien » : frais inclus, aucune information du futur, et vérification sur des données que la stratégie n'a jamais vues. Les résultats montrent le drawdown, pas seulement la courbe, et chaque trade simulé s'explique par la règle qui l'a déclenché.